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Articles

Les coulisses du pouvoir iranien : l'influence néo-hojjatieh

Amélie Chelly (S. Enayatzadeh) La société hojjatieh est une organisation chiite sectaire qui apparaît en 1953, et qui est officiellement interdite depuis 1983.  La secte naît en premier lieu d’une opposition au bahâïsme 1 , et se fonde sur un millénarisme actif : le chiisme traditionnel duodécimain reconnaît l’autorité de douze imams dont le dernier, Mahdi, aurait disparu en 874. L’eschatologie chiite repose donc sur son retour qui doit marquer l’avènement de temps de paix et de justice, succédant à l’apocalypse. La secte hojjatieh a une lecture activiste de ce millénarisme : l’homme doit hâter l’arrivée de Mahdi. Le fondement anti-bahâiste de ce mouvement sectaire (l’appellation initiale de la société hojjatieh était d’ailleurs l’ andjoman-e zed-e bahâi , « la société anti-bahâï ») se trouve ainsi très lié à cette vision activiste : le bahâïsme, religion fondée au XIXè siècle, définie comme une secte par le chiisme traditionnel, est née de l...

BUILDING n°2 "IRAN MODE D'EMPLOI POUR LA DEMOCRATIE" sortie le 4 avril

setâre enayatzadeh setare enayatzadeh

Et si l'Iran devenait démocratique ? Quelle place pour le chiisme ?

Amélie Chelly (S. Enayatzadeh) Le terme “dissidence” n’est pas qu’un mot revenant parmi d’autres sur la scène de l’actualité iranienne. Il est la pierre angulaire de l’histoire structurelle de l’Iran. Au centre de ce qui semble actuellement définir la réalité socio-politique du pays : le chiisme, qui est par essence dissident. En effet, à ne considérer que l’origine étymologique du terme, « chiisme », « shi’a » en arabe, trouve une traduction fidèle dans le substantif latin « secta », « secte », qui ne fait sens que par rapport à l’ensemble dont il s’est distingué, le sunnisme, « sonni », la tradition. La dissidence, c’est la distinction assise. L’extraction nouvelle et minoritaire qui a tout à prouver et qui doit, pour ce faire, exister par la distinction pour exister tout court.   L’Iran étant l’un des rares pays du monde musulman comptant une écrasante majorité de chiites, il semble évident que la Rép...

L'Iran se sépare de son Président de la République?

« Dans la présente situation, le régime politique du pays est Présidentiel et le Président de la République est élu directement par le peuple, ce qui est une bonne chose. Mais si un jour, dans un avenir lointain, nous avons le sentiment qu'un régime parlementaire est un meilleur moyen pour choisir le chef de l'exécutif, il n'y a pas de problème pour changer le système actuel », traduisons-nous de la dernière allocution de Khamenei. Nous ne sommes pas bien loin du « nul besoin d’avoir un Président » Extrait de l'allocution d'Ali Khamenei, à Kermânchâh, le 16 octobre 2011 Selon les principes 113 et 114 de la Constitution iranienne, la présidence de la République est la deuxième plus haute fonction de la République islamique et le Président doit être élu au suffrage universel direct. C'est donc une volonté inconstitutionnelle qu'Ali Khamenei a présenté devant une assemblée d'étudiants à Kermânchâh. L’Iran traverse depuis quelques mois, une crise ...

Conférence inaugurale : Histoire contemporaine de L'Iran

Cette conférence a pour but de présenter un cycle de cours sur l'histoire contemporaine de l'Iran dispensés par Setâre Enayatzadeh. Ce cycle compte 12 cours de deux heures, les jeudi de 14h à 16h, à partir du 6 janvier 2012. POUR VOUS INSCRIRE, APPELEZ LE 01 45 13 24 51 Programme : jeudi 5 janvier 2012:   L’Iran : un pays multiculturel Le sentiment national iranien traverse avec une grande puissance toutes les générations, tous les milieux sociaux, et de façon plus surprenante encore, tous les milieux politiques, même les plus farouchement opposés à l’actuel régime. Sur quoi repose un tel sentiment si on examine le caractère mosaïque du territoire iranien ? Une douzaine de grands groupes ethniques foulent le sol perse (environ quatre-vingt ethnies en tout), autant de langues vivent au sein du territoire, et plus étonnant encore à considérer l’unité du sentiment nationaliste, les communautés y sont bien vivantes et le sens de l’appartenance assez puissant. jeud...

L’Acte d’Être sadrien et l’aspiration révolutionnaire (Partie 1)

Amélie CHELLY (S. Enayatzadeh) Nous proposons ici une analyse de la philosophie de Mollâ Sadrâ Shirâzi sous son angle individualisant, ceci afin d'expliquer pourquoi l'Islam chiite, plus que l'Islam sunnite offre, dans son interprétation la plus structurante en Iran, la perspective d'une position de soi en tant que sujet. Sujet agissant, sujet aspirant, sujet revendiquant, sujet révolutionnaire par extension... Ceci est la première partie d'une analyse en trois temps. L’aspiration révolutionnaire semble être un phénomène étranger aux exigences religieuses traditionnelles. En effet, au vu de ce que nous avons pu développer, l’image du fidèle doit trouver son incarnation politique dans la figure de l’oppressé, le sujet soumis à une autorité humaine arbitraire, et ce, jusqu’à temps que Mahdi ne vienne, lui, opérer une révolution au détriment de la décadence et des dominations. Alors comment expliquer ce rapprochement entre la philosophie profondément ...