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Les réseaux chiites; un élément déterminant de la géopolitique du Golfe persique

Amélie Chelly Les réseaux chiites; un élément déterminant de la géopolitique du Golfe persique Le pan-chiisme a toujours été pour l’Iran un outil politique visant à étendre et à accroître son influence sur la région du Golfe. L’idée peut surprendre si on s’en réfère au dessin d’une carte géopolitique plus axée sur le pan-iranisme avant l’avènement de la République islamique, mais il ne faut pas oublier que les jeux stratégiques à l’époque des Shahs n’ont jamais compté sans la prise en considération du corps clérical, et plus encore depuis le XIXe siècle, des mouvements de réseaux sous l’autorité de centres théologiques traditionnels glissant progressivement vers une politisation. Si les Pahlavis n’ont pas fidèlement adopté un modèle atatürkiste, c’est notamment dans la perspective strictement politique de faire des réseaux cléricaux un excellent rempart contre certaines menaces idéologiques comme le communisme. L’Iran est le seul pays de la région golfienne à compter une écrasant...

JUSTICE IRANIENNE

"La flagellation publique est un moyen efficace de dissuasion pénale, tandis que l’emprisonnement est une punition inutile." Tels sont les propos du ministre de la "justice", monsieur l'Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi. A partir du XIXe siècle, le titre de Grand Ayatollah devient, en Iran, le synonyme de marja’. Depuis le XXe siècle, et plus encore à partir de 1979, les juristes sont aussi désignés par le terme de marja’ al taqlid (source d’imitation pour l’émulation)... c'est-à-dire qu'ils sont les seuls interprêtes des Textes religieux notamment en matière de justice. Plusieurs aberrations ont été ainsi officialisées depuis 1979. On a mis la justice du Dieu entre les mains des hommes, en oubliant que ceux-ci ne sont pas infaillibles. Pour exemple, il revient à la famille d'une victime de demander la peine qu'ils estiment la plus juste pour le coupable... alors qu'ils sont sous l'emprise de la passion de la douleur. Or, il ne faut pas...

L’UNESCO accueille l’exposition scientifique d’Iran.

Une exposition sur les performances de la recherche scientifique et technologique iranienne se tiendra au siège de l’UNESCO, à Paris du 2 au 6 février 2009. Le directeur général des sciences, de la recherche et des technologies au département du ministère des relations publiques, Hashem Dadashpour, a été désigné par l’agence d’information de la République islamique d’Iran (INRA), pour annoncer que l’événement faisait partie du programme-anniversaire de la Révolution islamique de 1979. La commission nationale iranienne de l’UNESCO, qui est affiliée au ministère, est le principal organisateur, ainsi que le responsable de la planification, et, bien évidemment, du versant politique de la tenue de l’événement. L’accent à été mis sur le fait que tous les instituts, organisations, universités et centres de recherches et de technologie pouvaient soumettre les plus remarquables de leurs travaux de recherches au secrétariat de la commission nationale de l’UNESCO de sorte qu’ils soient présentés ...

DES INTELLECTUELS KURDES DANS LES COULOIRS DE LA MORT EN IRAN

Ils s’appellent Adnan Hassanpour, Abdolvahed Hiva Botimar. Ils sont journalistes. Ils sont condamnés à mort pour « inimitié à l’égard de Dieu »1. Ils s’appellent Farzad Kamangar, Ali Heydariyan, Farhad Vakili, Enwer Hüseyn Penahi et Erselan Ewliyayi. Ils sont professeurs. Ils sont condamnés à mort pour « inimitié à l’égard de Dieu ». D’ailleurs, un deuxième jugement l’a bien confirmé pour Enwer Hüseyn Penahi et Erselan Ewliyayi : ils sont bien des contradicteurs de Dieu. Ces jugements ont bien respecté les normes internationales d’équité : pour exemple, le procès de Farzad Kamangar a duré un peu plus de cinq bonnes minutes. La République islamique d’Iran est une démocratie. Le peuple nage dans une telle liberté d’opinion que les opposants politiques n’existent pas. Pour exemple, pendant la révolte qui a secoué le pays en 1999, contre ce même Etat démocratique depuis 1979, l’acteur Payam Amini, grand acteur iranien révolté, avait dû être accusé pour « viol et meurtre de dames âgées ». L...

L’occidentalisation : composante incontournable de l’identité iranienne

Le titre peut surprendre. En effet, on n’a pas l’habitude de faire la part belle au processus d’occidentalisation dans la société iranienne, ou dans l’élaboration de la pensée iranienne. Pourtant, elle est une composante encore incontournable tant en tant qu’élément directement actif, qu’en tant qu’élément auquel on doit l’action indirecte par la négation. En effet, le rejet, la focalisation des attentions sur un élément qu’on rejette, ne laisse pas indemnes les structures des orientations sociales, ou plus largement, les mentalités. Il nous semble pourtant qu’avant d’aborder le caractère fondamental de la négation, une analyse historique du rapport de l’Iran à l’occidentalisation dans la période pré-révolutionnaire soit incontournable. En effet, la fierté d’avoir rattrapé un retard immense sous le règne du Shah fait partie de la reconnaissance identitaire d’une grande majorité d’iraniens, que ceux-ci soient attachés aux souvenirs de la monarchie ou qu’ils y aient été clairement opposé...

L’identité iranienne sous la diversité culturelle

Amélie Chelly, doctorante à l'EHESS Le sentiment national iranien traverse avec une grande puissance toutes les générations, tous les milieux sociaux, et de façon plus surprenante encore, tous les milieux politiques, même les plus farouchement opposés à l’actuel régime. Sur quoi repose un tel sentiment si on examine le caractère mosaïque du territoire iranien ? Une douzaine de grands groupes ethniques foulent le sol perse (environ quatre-vingt ethnies en tout), autant de langues vivent au sein du territoire, et plus étonnant encore à considérer l’unité du sentiment nationaliste, les communautés y sont bien vivantes et le sens de l’appartenance assez puissant. On compte effectivement seulement 50% de perses pour 24% d’azéris, 8% de gilakis, 7% de kurdes, 2% de lors (bien que ceux-ci sont souvent associés au peuple kurde) et autant de baloutches et de turkmènes ; 3% de la population réunissant des populations arabes, juives, assyriennes, arméniennes ou encore georgienne. La popula...