Accéder au contenu principal

Condamné pour une broche à insigne monarchiste.


Sylvain ROUSSILLON, secrétaire Général de la CMI, a récemment écrit un billet faisant part de la condamnation d'un membre d'une opposition qu'on a tendance à oublier : les monarchistes. Ceux qui sont pour une extraction nostalgique au régime qui opprime actuellement toute la population. Les actes d'opposition du jeune homme de 26 ans auront consisté en... un port d'insignes monarchistes! Dans le contexte actuel, nous ne pouvons envisager aucune autre issue qu'une condamnation à mort. En temps plus "normal", nous aurions pu avancer l'idée d'une détention assortie de quelques sévices non officiels et de difficultés administratives et sociales provoquées de façon non moins officieuses, mais à présent que le régime devient une machine sans esprit qui fuit en avant... plus rien n'est prévisible dans le sens qu'escompte la communauté internationale.

la Conférence Monarchiste Internationale a été alertée de l’arrestation ce week-end (dans la nuit du 20 au 21 février) d’un autre militant monarchiste iranien, Omid Dana, âgé de 26 ans.

Dana est accusé d’avoir arboré des symboles monarchistes lors d’une manifestation interdite d’opposants au régime de la République Islamique d’Iran.

Cette arrestation, venant quelques jours seulement après les exécutions de Mohammad-Reza Ali-Zamani et de Arash Rahmanpour, suscite des inquiétudes fondées et grandissante sur le sort futur de Omid Dana qui selon nos sources pourrait être inculpé sous l’accusation « d’ennemi de Dieu », accusation souvent synonyme de condamnation à mort en Iran.

La Conférence Monarchiste Internationale dénonce cette nouvelle arrestation et réclame de la communauté internationale et des gouvernements occidentaux des mesures politiques et économiques fortes pour faire cesser cette escalade répressive en Iran.


Le jeune étudiant n'est, selon l’agence d'information indépendante Pars Daily News « ni activiste, ni militant connu mais simple citoyen iranien inconnu du publique et ayant participé aux manifestations ». Il a été condamné par inimitié à l'égard de Dieu ("Mohârébé"), par le tribunal révolutionnaire.

L'arrestation de Omid Dana, associée à celle d'un autre étudiant, Mohammad Youssef Rashidi, ayant manifesté dans l'enceinte de Polytechnique,école où il est étudiant, n'a pas laissé les députés UMP indiférents : "Nous, députés de la République française, souhaitons exprimer toute notre consternation à la suite des condamnations à mort prononcées à l'encontre de MM. Omid Dana et Mohammad Youssef Rashidi. Nous condamnons fermement et sans appel toutes les peines prononcées pour des motifs politiques à l'encontre des manifestants iraniens", peut-on lire dans la lettre de Pascal Clément.

Cette adresse au guide Ali Khamenei, ainsi qu'au président Ahmadinejad et au chef du pouvoir judiciaire Sadegh Larijani, est, à travers les cas de Omid Dana et de Mohammad Rashidi, une attaque faite aux institutions révolutionnaires de la République Islamique, et donc aux fondements de la République islamique elle-même.


Le tribunal révolutionnaire est en train de devenir, dans une frénésie maladive et éhontée, le tribunal des révolutionnaires.
C'est à une révolution que nous sommes désormais confrontés. La révolution, le renversement progressif d'un ordre dont l'illégitimité n'est plus un secret pour personne. Un ordre dont la nourriture n'est désormais plus idéologique, mais pécuniaire et du ressort de la Peur.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La femme idéale selon Daesh

Par Amélie M. Chelly
Chercheure associée au CADIS (EHESS-CNRS) Un ventre sacré
Nous suivons l'évolution de l'image que Daesh construit de la femme à travers les contours tourmentés de l'actualité. Au départ, l'Occident était sidéré par le confinement féminin et la réduction de son rôle aux tâches les plus traditionnellement liées au foyer, à la procréation, à un avilissement dans une sexualisation mécanique. Cette image-là d'ailleurs était à l'origine d'une question récurrente : "comment des femmes européennes peuvent-elles être attirées par cette réduction et cette privation de liberté ?". Puis l'actualité a dessiné les femmes de Daesh autrement, les armes à la main, nous poussant à reconsidérer l'image que la propagande de l'EI véhiculait désormais de la femme.
Cette image est plurielle. Quels en sont les contours ?
Celle ancrant la gente féminine dans un rôle traditionnel semble simple : c'est celle de la femme qui donne naissance…

L’Acte d’Être sadrien et l’aspiration révolutionnaire (Partie 1)

Amélie CHELLY (S. Enayatzadeh)
Nous proposons ici une analyse de la philosophie de Mollâ Sadrâ Shirâzi sous son angle individualisant, ceci afin d'expliquer pourquoi l'Islam chiite, plus que l'Islam sunnite offre, dans son interprétation la plus structurante en Iran, la perspective d'une position de soi en tant que sujet. Sujet agissant, sujet aspirant, sujet revendiquant, sujet révolutionnaire par extension... Ceci est la première partie d'une analyse en trois temps.



L’aspiration révolutionnaire semble être un phénomène étranger aux exigences religieuses traditionnelles. En effet, au vu de ce que nous avons pu développer, l’image du fidèle doit trouver son incarnation politique dans la figure de l’oppressé, le sujet soumis à une autorité humaine arbitraire, et ce, jusqu’à temps que Mahdi ne vienne, lui, opérer une révolution au détriment de la décadence et des dominations. Alors comment expliquer ce rapprochement entre la philosophie profondément religieuse chiite…

Conférence : Le désenchantement du monde : les nouveaux martyrs

La sécularisation est un processus aboutissant à un nouvel état de fait qui se caractérise grossièrement par une autonomisation de la sphère publique par rapport au religieux, et à un recul du religieux. Ainsi les sciences humaines occidentales définissent-elles le terme de sécularisation, un processus coextensif à la modernité occidentale et qui est l’expression d’un monde qui se désenchante. L’Occident a surtout étudié le phénomène autour de la question de la nature de l’effacement du religieux de la sphère publique. Le débat théorique au sens fort s’est concentré autour de la question de l’effacement du religieux ou de sa reconversion, mais il nous semble qu’une autre acception, plus littérale, consistant en une application en ce bas-monde d’éléments issus de l’au-delà-du-monde, doit être aussi considérée. C’est notamment celle qu’on observe aujourd’hui dans le monde musulman. Une volonté d’appliquer de façon théocratique et terrestre les lois de Dieu. Comment religions et philosoph…