Accéder au contenu principal

Présentation de la Vie Politique de Cités (46)

La Revue Cités est désormais organisée en rubriques ! Parmi elles, la rubrique Vie Politique


Comment évolue depuis quelques années la démocratie en Occident ? C’est au fond à cette question essentielle que sont consacrés les textes proposés ici par la section « Vie politique ». Même si la mort de Ben Laden, en mai dernier, a pu laisser penser que l’Amérique d’Obama avait retrouvé une certaine confiance en elle, le berceau de la démocratie n’en est pas moins traversé par des courants fort complexes, dont le mouvement libertarien, très présent chez certains animateurs des Tea Party, ne cesse d’inquiéter et de surprendre. Sébastien Caré nous démonte à la fois ses racines idéologiques et son influence théorique, notamment à travers des œuvres négligées mais très marquantes dans le débat américain comme les romans d’Ayn Rand. La démocratie, c’est aussi la liberté de penser et d’opinion; or, depuis quelques années, elle semble remise en cause un peu partout au nom d’une forme de «politiquement correct» d’inspiration puritaine et anglo-saxonne. Mais la liberté d’expression est-ce la liberté de tout dire et de dire n’importe quoi ? Christian Godin apporte une utile précision sur la distinction entre le langage «constatatif» et le langage «performatif». Enfin, le « modèle » de la démocratie, est-ce celui de la concorde ou celui du conflit ? Depuis Cicéron et Machiavel, il y a débat. L’Allemagne semble pencher du côté de la « concorde » à la Cicéron et Hans Vorländer nous décrypte les raisons de ce « consensus social » à l’allemande qui reste en apparence toujours aussi vif, mais qui cache peut-être une « disciplinarisation » et une soumission aux diktats de la Réunification. Finalement, pour ne pas se perdre dans les méandres sans fin des débats sur la laïcité, Setâre Enayatzadeh revient sur ce qu’est un véritable régime théocratique dans son article consacré à L’Imâm chiite et son détournement politique contemporain.

Jacques de Saint-Victor

Professeur des universités, Jacques de Saint-Victor est historien du droit, des idées et des institutions. Il enseigne l’histoire du droit à l’université de Paris-VIII-Vincennes et il est professeur invité à l’université de Rome-III. Ses travaux portent sur l’histoire politique et juridique française et italienne, ainsi que sur l’histoire juridique de la mondialisation. Parmi ses derniers ouvrages, La Première Contre-Révolution (puf, 2010), Il faut sauver le petit bourgeois (puf, 2009, trad. italienne, 2010), Les Racines de la liberté. Le débat français oublié (1689-1789) (Perrin, 2007) et Mafias. L’industrie de la peur (Le Rocher, 2008, trad. italienne, 2009). Il prépare un ouvrage sur l’histoire des organisations mafieuses en Europe (Gallimard). Il est aussi critique littéraire



POUR CITER CET ARTICLEJacques de Saint-Victor « Présentation », Cités 2/2011 (n° 46), p. 131-132.

Achetez l'article de Setâre Enayatzadeh sur Cairn : http://www.cairn.info/publications-de-Enayatzadeh-Setâre--73821.htm

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Quelle est la nouvelle stratégie du groupe Etat islamique ? Entretien avec Amélie Chelly

IRAN : autopsie du chiisme politique

Essai d'Amélie M. Chelly, préfacé par Farhad Khosrokhavar, sur l'avenir de la République islamique d'Iran, aux Editions du Cerf (7 mai 2017)

La révolution iranienne de 1979 est-elle parvenue à réaliser son rêve d’une société gouvernée selon des préceptes religieux ? En d’autres termes, a-t-elle réussi à fusionner, en un même corps, le politique et le religieux ?
Selon Amélie Chelly, la réponse ne souffre aucune ambiguïté : en faisant du chiisme un outil politique, les dirigeants iraniens ont non seulement dévoyé les piliers de la religion traditionnelle, mais encore ont échoué à fonder un système durable et crédible. En remontant aux origines du régime des mollahs, en étudiant toutes les étapes du dévoiement du culte et des préceptes, elle montre comment les dirigeants iraniens ont systématisé la confusion entre la sphère publique et la sphère privée, rendant illisible la juste place, la fonction et la nature même de la foi. Et ce jusqu’à la rendre inopérante.
Dans ce context…

La femme idéale selon Daesh

Par Amélie M. Chelly
Chercheure associée au CADIS (EHESS-CNRS) Un ventre sacré
Nous suivons l'évolution de l'image que Daesh construit de la femme à travers les contours tourmentés de l'actualité. Au départ, l'Occident était sidéré par le confinement féminin et la réduction de son rôle aux tâches les plus traditionnellement liées au foyer, à la procréation, à un avilissement dans une sexualisation mécanique. Cette image-là d'ailleurs était à l'origine d'une question récurrente : "comment des femmes européennes peuvent-elles être attirées par cette réduction et cette privation de liberté ?". Puis l'actualité a dessiné les femmes de Daesh autrement, les armes à la main, nous poussant à reconsidérer l'image que la propagande de l'EI véhiculait désormais de la femme.
Cette image est plurielle. Quels en sont les contours ?
Celle ancrant la gente féminine dans un rôle traditionnel semble simple : c'est celle de la femme qui donne naissance…