mardi 21 juillet 2009

Ces mollahs qui touchent aux fondements de la République Islamique...


Le chiisme qui est censé être le ciment de la théocratie iranienne, s’illustre malheureusement dans une actualité souvent tragique. L’occident n’est plus dupe du prétexte qu’il incarne désormais de façon exclusive en Iran, et ne connait malheureusement le chiisme que sous son angle politique... angle qui lui est pourtant traditionnellement incompatible. De plus en plusd’autorités religieuses le soulignent : des religieux respectés qui ont cru eux-mêmes en l’uptopie théocratico-chiite, aux religieux qui veulent entrer dans le système en vigueur pour faire entendre leur position sur l’illégitimité religieuse et politique d’un tel régime. La république répressive est « un péché sur le plan religieux et un crime sur le plan juridique », pour reprendre les termes du grand ayotollah Montazeri.

C’est parce que le régime a dénaturé le chiisme traditionnel qu’il faut parler d’un manque de légitimité religieuse, antant que d’un manque de légitimité politique. Le dessin caricatural présenté par l’Herald Tribune du 24 juin dernier illustre bien la contradiction interne des fondements du régime : Khameini est face à deux votants et leur déclare « Vous votez, Dieu décide. » Cela laisse peu de doutes sur le réel électeur du président sachant, qu’en Iran, le représentant de la parole de Dieu n’est autre que Khameni, le guide suprême.
Le régime n’a pas peur de s’asseoir dans la répression, il n’a pas peur non plus de provoquer le reste du monde, et ne craint pas de voir les conditions imposées au peuple iranien critiquées massivement par la communauté internationale... par contre la perspective que les architectes de la bâtisse étatique condamnent eux-mêmes ses fondations, revient, en quelque sorte, à scier la branche sur laquelle le régime se tient.

« Si le peuple iranien (...) est réprimé, la montée de la frustration pourrait éventuellement détruire les fondations de n’importe quel gouvernement, aussi fort soit-il ».
Les termes sont posés par l’ayatollah Montazeri : on parle désormais de destruction des fondements du régime. Si ces propos n’impliquent que le versant d’une illégitimité politique, l’ayatollah s’en prend aussi au versant religieux. En effet, les propos de Montazeri sont d’autant plus pertinents qu’il était l’héritier présumé de l’imam Khomeyni. En 1989, l’hodjatoleslam Khamenei est devenu ayatollah du jour au lendemain pour être guide suprême et ainsi écarter un Montazeri clairvoyant sur la récupération du chiisme comme outil politique. Montazeri s’est vu invité à la résidence surveillée en 1997 ainsi qu’en 2003, à Qom.
La surveillance n’est que physique, le grand marja (Le marja’ , « source d’imitation », est la plus grande autorité. Il est le seul à avoir une autorité religieuse dans l’interprétation des Textes.) continue de publier des communiqués pour promovoir une séparation des pouvoirs religieux et politiques, ainsi que la démocratie en politique. C’est d’ailleurs dans un récent entretien copieusement diffusé sur des sites électroniques iraniens que Montazeri a exprimé son soutien au peuple, en touchant ouvertement aux fondements du régime. Chaque iranien a le droit de « s’exprimer pacifiquement (...) Chaque bon musulman a le devoir de s’opposer à l’injustice de ceux qui bafouent ses droits ». Rappellons que le chiisme duodécimain, religion officielle de l’état iranien depuis le 16ième siècle, définit des positions à adopter par les fidèles en matière de politique...et ces positions ne sont absolument pas celles qui ont fondé la république islamique d’Iran. Le chiite qui observe la religion traditionnellement doit attendre l’établissement d’une justice divine avec l’arrivée du douxième imam, l’imam caché, Mahdi. Cette grande attente, seule position politique acceptable du point de vue du chiisme, s’appelle la Ghayba. Quand Montazeri prône la désobeïssance civile, il est dans une justice commune à la sphère religieuse et politique.Quand L’ayatollah Osdati, autre grande autorité chiite menace le régime théocratique en affirmant que « si la pression continue, une bonne partie d’entre nous [Marja et fidèles] quittera la république islamique pour s’exiler à Nadjaf en Iraq », c’est là encore pour incriminer l’existence même du régime fondé sur le religion.

Les architectes du régime reviennent ainsi sur les fondements qu’ils ont eux mêmes déssinés, criant garde à l’effondrement...et parmi les religieux, ils ne sont pas les seuls. D’autres clercs n’ayant pas participé à la fondation du régime expriment leur position clairvoyante. Ils ne cessent pas le combat amorcé depuis la naissance même du régime, chose que l’opinion internationale ignore. La critique religieuse du régime théocratique est coextensive à son existence : si Khomeyni sur la fin de son « règne » a écarté Montazeri et modifié les modalités d’avênement des guides suprêmes en permettant qu’on puisse les élire parmi le clergé de rang intermédiaire, c’est uniquement parce qu’une majorité de grands Ayatholahs ont bien saisi les contradictions religieuses d’un tel régime.
Mohsen Kadivar fait partie de ces clercs éclairés qui ont bien saisi ces contradictions internes et qui ont décidé de passer par des voies légales pour faire entendre leur voix. Kadivar n’est pas le candidat malheureux d’élections présidentielles. Il s’est pourtant souvent présenté devant le Conseil des gardiens de la révolution pour voir sa candidature avalisée. Mais, en bon clerc, Mohsen Kadivar a clairement exposé ses vues : il faut séparer le pouvoir religieux du pouvoir politique pour que cesse la mascarade : un Etat au sein duquel la Constitution est au dessus de la Charia ne peut se targuer d’être théocratique. Un pays musulman qui voit ses mosquées désertées en réaction politique ne peut pas revendiquer de succès théocratique. Une nation au sein de laquelle la population ne craint plus Dieu mais les forces de l’ordre ne peut plus affirmer ses revendications théocratiques. Les gardiens du régime ont évidemment écarté Mohsen Kadivar de la scène politique. Le clerc aura en tout et pour tout passé trois ans dans la prison d’Evine pour avoir exprimé ses positions. Mohsen Kadivar vit désormais aux Etats-Unis et poursuit son combat en recueillant et en diffusant le message de religieux dissidents tel Montazeri, autrefois son professeur.

Si Montazeri est sorti de la sphère du régime, si Kadivar n’a jamais pu y pénétrer pour se faire entendre, ce qui demeure le plus inquiétant pour la pérennité de la République islamique trouve son incarnation dans une condamnation nouvelle : celle des politico-religieux qui sont à l’intérieur du système : Moussavi, Rezaee, Karoubi. Les trois candidats malheureux des dernières présidentielles, trois architectes du régime dont deux religieux.
Si, dès le 20 juin dans un courrier adressé au Conseil des gardiens, Moussavi se dit « aux côtés des Iraniens pour défendre leurs droits » et outré de voir le guide suprême « menacer le caractère républicain de la République islamique et de viser l’imposition d’un nouveau système politique », le candidat vert sort théoriquement du circuit ; si Karoubi a également frôlé la limité en jetant son turban en menaçant d’abandonner son statut de religieux si l’islam continuait d’ainsi s’incarner dans la répression, Rezaee reste dans le système pour avertir en toute légitimité dans une lettre ouverte du dimanche 5 juillet d’un « risque d’effondrement de la République islamique ».

Cet élan des mollahs critiquant le régime des mollahs prend une ampleur que c’est désormais sur lui qui se fondent désormais les mouvements institutionnels et organisés de déstabilisation. La rue reste bien évidemment le baromètre le plus visible de la crise post-électorale, même si les images ne sont désormais plus beaucoup relayées par les medias internationaux ; mais la machinerie lourde, celle qui effraie le régime, celle qui le délégitime à ses fondements, est bien à l’oeuvre, soutenue par la population et nourrie par la population en ce qu’elle est justement un moyen pour les religieux de montrer au régime son échec cuisant quant au respect de son caractère républicain, et prétendument divin.

vendredi 17 juillet 2009

Rapport du Ministère des affaires étrangères, par M. B. Fellous.




Rapport de la conférence du 29 Juin ‏2009
IRAN : LE CHOIX DEMOCRATIQUE
Lieu : Mairie du 13 ème 1 Place d’Italie 75013 Paris, ouverture des portes 17h30
Début de conférence : 19h00
Fin de conférence 21h15
Dispositif de sécurité important, filtrage, scann, fouille etc
Nombres de personnes présentes : environ 800

Animé par :

Michel Taubmann : Rédacteur en chef de la Revue le Meilleur des Mondes
Julie Coudry : ancienne présidente de la Confédération Etudiante.

Intervenants :

Setare Enayatzadeh,Corine Lepage, Jérome Coumet, Chahdortt Djavan, Jean-Marie Le Guen, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, Sihem Habchi, Laurent Berail, Baki Youssoufou, Ladan Boroumand, Dominique Sopo,mohamed Sifaoui, Reza Palhavi.

Présentation des intervenants :

Setare Enayatzadeh :Universitaire, doctorante en philosophie politique qui parcours l’Iran en vue de faire un bilan de la condition sociale et politique et d’envisager l’illégitimité politique et religieuse de l’actuel régime iranien..

Corrine Lepage : Avocate et élue MODEM

Jérome Coumet : Maire du 13e, Conseiller de Paris - Groupe socialiste

Jean-Marie Le Guen: Député de la 9e circonscription de Paris.

Chahdortt Djavan : Ecrivaine féministe engagée dans la lutte contre la République Islamique d’Iran.

Sihem Habchi : Présidente du mouvement Ni Pute Ni Soumise

Laurent Berail : Fondateur de la MANU

Baki Youssoufou : Président de la Confédération Etudiante.

Ladan Boroumand : Ancienne chercheur à International Forum for Democratic Studies et co-fondateur de «Iranrights »

Dominique Sopo : président de SOS-Racisme

Mohamed Sifaoui, journaliste




Présentation

Au regard de la composition des intervenants, la parole est essentiellement donnée aux femmes et à raison. Neda d’abord, le débat sur le port de la burka en France et dans le monde ensuite; la femme et sa dignité sont en jeu.
C’est au travers de ce prisme féminin que l’on est capable de mettre en perspective le carcan qui pèse sur les droits humains qui se doivent être universels: sur Terre, nous ne sommes pas tous habilités à prononcer le mot de liberté sous peine d’être pendus, condamnés à mort, humiliés. Les récents évènements en Iran mettent à mal et bouleverse le monde perse.
Aussi, l’accent est à mettre sur les droits fondamentaux des êtres humains, il n’y a ni homme ni femme, mais des êtres à mettre à la hauteur d’une existence digne, libre et libérée du poids de la servitude dogmatique imposée par les régimes tels que ceux que l’on connaît, mais surtout, ici et au regard du monde entier la République Islamique d’Iran ne peut que se couvrir de honte en condamnant des étudiants qui ne recherchent rien d’autre que la vérité et la liberté pour reprendre les termes d’André Glucksmann.
Cette explosion électorale et la remise en question du suffrage du 12 Juin 2009 révèlent au grand jour cette société mise à mal qui n’a cessée de se nécroser depuis maintenant trente ans; société qui s’aperçoit de l’illusion républicaine, de l’illusion religieuse avec un régime qui n’est qu’une « mascarade politique et religieuse » Setare Enayatzadeh.
Le choix démocratique est le choix auquel le peuple iranien aspire, il faut à tout prix en finir avec ce régime, le peuple s’est aperçu qu’il « était un corps politique à part entière et c’est comme cela que toute Révolution commence » B-H.Lévy
Il n’est pas question de faire une fixation sur l’éventuel trucage de ces élections mais sur l’illégitimité même de ce type d’élection et par extension de la totalité du système juridico-théologique de cette République Islamique. Comme nous le rappelle très judicieusement S.Enayatzadeh qui dit élection ne dit pas forcément démocratie.
Le deuxième point important est celui de savoir qu’il ne faut pas faire de Moussavi un pendant du changement pour la démocratie et des droits fondamentaux, comme l’a fait remarqué Chahdortt Djavan; Moussavi est « l’homme de la République Islamique » c’est un adversaire politique d’Ahmadinejad mais un partisan du système qui rappelons le était un favori du Rahbar-e enqelāb Khamenei- le Guide de la Révolution Islamique- qui est à la tête de ce régime .

Bilan,synthèse

Il faut donc bien mettre en évidence la tonalité de la présente conférence et la direction prise par celle ci.
Il faut bien mentionner, que contrairement aux qu’en dira t-on cette conférence n’était pas l’objet d’une quelconque glorification des Palhavi. Comme il en a en été fait mention en début de conférence, aucune filiation ou attache politique particulière n’était reliée de façon directe ou indirecte à cette conférence.
Il s’agissait précisément de comprendre le régime actuelle et ses dérives. C’est une conférence qui s’est déroulée face à un public politique des plus composites.
Les intervenants ont surtout mis les derniers évènements iraniens au sein d’une perspective historique, philosophique et politique. La parole était donnée donc à la raison et non à la passion. Tout en essayant de comprendre les détours et les contradictions du régime, il a semblé nécessaire de voir en quoi ces évènements s’inscrivent dans l’Histoire, et en quoi peuvent-ils présager d’une fin du régime. Les Mollhas deviennent étranger au régime, voici un des premières nécrose.
Ce processus s’établie par différenciation et dissociation avec l’identité populaire qui ne trouve même plus d’analogie politique et religieuse en ces chefs spirituels.
Il nous est aussi impossible, à nous occidentaux de poser le mot élection au sein du champ sémantique que l’on lui reconnaît. Ces élections sont des non-élections, le choix n’existe pas, c’est l’illusion du choix.
En effet, le système politique de l’Iran est construit de telle sorte que seul un citoyen qui a pu validé sa candidature auprès du Conseil des Gardiens de la Constitution peut présenter sa candidature aux présidentiels.





Le Conseil des Gardiens de la Constitution est constitué de 12 membres ; 6 religieux (clercs) nommés par le Guide et 6 juristes élus par le Majlis sur proposition du pouvoir judiciaire (dépendant du guide), sa principale fonction est de veiller à la compatibilité des lois à la Constitution et à l'islam.
Il a semblé aussi nécessaire de revenir sur la définition de citoyenneté et d’éligibilité. En Iran plusieurs conditions sociales sont nécessaires pour pouvoir prétendre à faire examiner sa candidature.
Ces éléments constitutionnels de la République Islamique d’Iran ne sont pas étonnants, cependant il a semblé nécessaire de les évoquer pour bien comprendre les institutions iraniennes aujourd’hui révélées au grand jour comme ineptes .
« La démocratie est en marche »B-H.Lévy En ces termes, il est nécessaire de voir une Iran qui est en train de déchirer sa structure; c’est alors la confusion et l’imbroglio politique qui règne dans les institutions iraniennes aujourd’hui qui ont même été jusqu’à menacer Moussavi d’emprisonnement qui est pourtant un partisan du régime.
Aussi, les intervenants, à la fois porte parole des libres penseurs iraniens et porteur des valeurs démocrates de la République, sont convaincus que la « France et la communauté internationale peuvent le faire » dixit Chahdortt Djavan. En effet, un appel de solidarité et de soutien actif des grands pays démocrates ont été évoqué. Sur le régime actuel iranien ont été posé des mots tels que dictature et totalitarisme, tout en y joignant une argumentation précise.
Enfin, Reza Palhavi s’est exprimé en tant que messager de la démocratie et de l’unification du peuple iranien. Il a voulu d’abord exprimer sa détermination à croire en un peuple iranien dépassant les clivages politiques qui les séparent. C’est dans l’unité dit-il que le peuple iranien sera en mesure d’opérer un changement. Il a par la suite appeler les Etats-Unis et l’Europe a exercer une pression politique et économique


Liens utiles :

http://www.iranrights.org/

http://mondeiranien.blogspot.com/

jeudi 9 juillet 2009

DISCOURS PRONONCE PAR S. ENAYATZADEH LORS DU MEETING DU 29 JUIN.

Bonsoir à tous,

Je remercie les amis de l'Iran, et les défenseurs des valeurs universelles des droits de l'homme de se mobiliser aujourd’hui.
Je suis heureuse de contribuer modestement à ce meeting par un regard sur l’événement qu’on prend désormais pour prétexte enfin oser poser le terme de « dictature » sur l’actuel régime iranien. Depuis le 12 juin dernier, les langues des intellectuels les plus reconnus ont lentement commencé à se délier sur l’aspect dictatorial du régime de la République islamique d’Iran. Pourquoi avoir attendu 30 ans ? Accord tacite, hypocrisie ou incompréhension ? Très généralement, j’opte pour l’incompréhension de la machinerie extrêmement bien huilée d’un régime qui fonctionne autour d’une personne : le guide suprême. La compréhension du rôle de ce personnage central de la vie politique du régime permet de saisir l’étendue de la vaste mascarade présidentielle que nous soupçonnons tous.

La vie politique iranienne n’a pas pour tête le président… et heureusement d’ailleurs à considérer notre tête de vainqueur… Le régime de 79 est un régime d’aspiration théocratique. Il s’agit d’un régime tentant d’appliquer séculièrement, politiquement, la religion chiite. Ce qui est un grand non-sens religieux d’ailleurs, et à dire ça en Iran je risquerais ma vie parce que j’attaque là le régime à ses fondements.
Le guide suprême est l’incarnation du velayat faqih : conservateurs de la jurisprudence et du gouvernement du docte1. Au départ, ces attributions doivent se cantonner à la stricte sphère du religieux. Or politiquement en Iran, le guide à tous les pouvoirs, et d’ailleurs les instances qui doivent servir de filtrage, et donc de rempart aux abus de pouvoir, n’ont jamais fonctionné au cours de l’histoire de la République islamique : même si c’est un contre sens religieux, le guide doit théoriquement être élu par l’assemblée des experts constituée de 86 religieux (SU). Or la République islamique a connu 2 guides : Khomeyni et en 89 Khamenei qui à l’époque était à la présidence, et ce passage ne s’est pas fait par le moyen du vote : Khamenei a été désigné par Khomeyni. Autre chose, normalement le guide est ayatollah, or, sur la fin de son règne, Khomeyni a ordonnée une réforme institutionnelle de sorte que le guide puisse être choisi parmi le clergé de rang intermédiaire. Pourquoi ? Parce que les plus grands théologiens savent parfaitement que le principe de velayat faqih tel qu’il est appliqué en Iran va totalement à l’encontre de la religion traditionnelle.

Il intervient directement ou indirectement dans les activités du pouvoir législatif, il domine le pouvoir judiciaire puisque c’est le plus légitimement proche du chiisme traditionnel, et contrôle le pouvoir exécutif, dont le président est théoriquement le chef : le président propose, le guide dispose, et Khamenei, l’actuel guide dispose à ses aises avec Ahmadinejad, ce qui peut très facilement expliquer la mascarade électorale du 12 juin.

Pour ce qui concerne les élections présidentielles nous avons crié à la dictature en ne considérant que l’aspect frauduleux qu’a habillé le comptage des voix, mais la dictature s’est aussi immiscée jusque dans la préparation du processus de l’élection présidentielle.
Nos mentalités occidentales Rousseauistes ont structuré notre logique de sorte que nous conjuguions élections avec démocratie, parce qu’à notre sens le principe du vote est de représenter la volonté du peuple par le choix de ses représentants.
L’existence d’élections en Iran a fait oublié à l’Occident quelques temps que l’Iran était une dictature. Quand on veut présenter sa candidature aux présidentielles en Iran il faut l’aval du conseil des gardiens de la révolution, en clair cela signifie que le candidat à la présidence doit prêter allégeance au régime et donc promettre d’assurer sa pérennité. Loin d’être un contre poids au pouvoir du guide, le président est un renforcement au pouvoir du guide. Pour exemple je parlerai du théologien éclairé Mohsen Kadivar qui s’était présenté aux élections de 2005 qui avaient donné Ahmadinejad vainqueur, et qui s’est gentiment vu convié à faire quelques jours de prison par ce qu’il entendait, en bon religieux traditionnel ayant parfaitement compris le shiime, séparer le pouvoir religieux du pouvoir politique. En voulant réalisé une sécularisation à l’occidentale, et donc en entrant en conformité avec le schisme traditionnel, Mohsen Kadivar a touché aux fondements du régime et s’est donc vu refuser sa candidature.
Autre point important qui a voilé pour un temps aux yeux des occidentaux le caractère dictatorial du régime, c’est l’apparent pluralisme des partis politiques. Le clivage réformateur conservateur ne sont que les 2 versants d’un même parti. D’abord ce n’est pas un clivage dérangeant pour les fondements du régime mais en plus il assure la pérennité du régime en donnant l’illusion d’une démocratie au peuple qui n’est plus dupe, ainsi qu’à l’opinion internationale qui commence à ne plus l’être.

Les vrais partis de l’opposition ne sont donc pas en Iran, on peut globalement compter quelque chose comme 35 partis d’opposition qu’on peut classer en 4 branches : les républicains, les monarchistes, les islamistes et les communistes ou marxisants. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que le parti Tudeh, le parti communiste iranien (hezb-é tudeh ié Iran) né en 1941, a vécu ses heures les plus pénibles, ses dernières heures d’ailleurs, à l’heure de l’avènement de la république en 79. Le shah l’avait autorisé, puis l’avait sanctionné en 49 du fait d’une tentative d’assassinat sur le Shah qu’on a attribuée au Tudeh avant d’être autorisé à nouveau en 50 : sa dissolution totale et définitive, on l‘a doit à la république islamique qui s’est toujours revendiquée démocratique par contraste avec le régime du Shah.
Les différents mouvements d’opposition qui existent hors d’Iran ont un pouvoir très relatif qui ne demande qu’à trouver du relief, et si nous sommes tous ici aujourd’hui, pour cet événement historique, pour parler d’une démocratie qui traverserait toute tendance politique, c’est justement pour que ce caractère démocratique que nous soutenons en commun devienne le ciment d’un rempart à bâtir contre la forteresse de la république islamique.