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Articles

Et si l'Iran devenait démocratique ? Quelle place pour le chiisme ?

Amélie Chelly (S. Enayatzadeh) Le terme “dissidence” n’est pas qu’un mot revenant parmi d’autres sur la scène de l’actualité iranienne. Il est la pierre angulaire de l’histoire structurelle de l’Iran. Au centre de ce qui semble actuellement définir la réalité socio-politique du pays : le chiisme, qui est par essence dissident. En effet, à ne considérer que l’origine étymologique du terme, « chiisme », « shi’a » en arabe, trouve une traduction fidèle dans le substantif latin « secta », « secte », qui ne fait sens que par rapport à l’ensemble dont il s’est distingué, le sunnisme, « sonni », la tradition. La dissidence, c’est la distinction assise. L’extraction nouvelle et minoritaire qui a tout à prouver et qui doit, pour ce faire, exister par la distinction pour exister tout court.   L’Iran étant l’un des rares pays du monde musulman comptant une écrasante majorité de chiites, il semble évident que la Rép...

L'Iran se sépare de son Président de la République?

« Dans la présente situation, le régime politique du pays est Présidentiel et le Président de la République est élu directement par le peuple, ce qui est une bonne chose. Mais si un jour, dans un avenir lointain, nous avons le sentiment qu'un régime parlementaire est un meilleur moyen pour choisir le chef de l'exécutif, il n'y a pas de problème pour changer le système actuel », traduisons-nous de la dernière allocution de Khamenei. Nous ne sommes pas bien loin du « nul besoin d’avoir un Président » Extrait de l'allocution d'Ali Khamenei, à Kermânchâh, le 16 octobre 2011 Selon les principes 113 et 114 de la Constitution iranienne, la présidence de la République est la deuxième plus haute fonction de la République islamique et le Président doit être élu au suffrage universel direct. C'est donc une volonté inconstitutionnelle qu'Ali Khamenei a présenté devant une assemblée d'étudiants à Kermânchâh. L’Iran traverse depuis quelques mois, une crise ...

Conférence inaugurale : Histoire contemporaine de L'Iran

Cette conférence a pour but de présenter un cycle de cours sur l'histoire contemporaine de l'Iran dispensés par Setâre Enayatzadeh. Ce cycle compte 12 cours de deux heures, les jeudi de 14h à 16h, à partir du 6 janvier 2012. POUR VOUS INSCRIRE, APPELEZ LE 01 45 13 24 51 Programme : jeudi 5 janvier 2012:   L’Iran : un pays multiculturel Le sentiment national iranien traverse avec une grande puissance toutes les générations, tous les milieux sociaux, et de façon plus surprenante encore, tous les milieux politiques, même les plus farouchement opposés à l’actuel régime. Sur quoi repose un tel sentiment si on examine le caractère mosaïque du territoire iranien ? Une douzaine de grands groupes ethniques foulent le sol perse (environ quatre-vingt ethnies en tout), autant de langues vivent au sein du territoire, et plus étonnant encore à considérer l’unité du sentiment nationaliste, les communautés y sont bien vivantes et le sens de l’appartenance assez puissant. jeud...

L’Acte d’Être sadrien et l’aspiration révolutionnaire (Partie 1)

Amélie CHELLY (S. Enayatzadeh) Nous proposons ici une analyse de la philosophie de Mollâ Sadrâ Shirâzi sous son angle individualisant, ceci afin d'expliquer pourquoi l'Islam chiite, plus que l'Islam sunnite offre, dans son interprétation la plus structurante en Iran, la perspective d'une position de soi en tant que sujet. Sujet agissant, sujet aspirant, sujet revendiquant, sujet révolutionnaire par extension... Ceci est la première partie d'une analyse en trois temps. L’aspiration révolutionnaire semble être un phénomène étranger aux exigences religieuses traditionnelles. En effet, au vu de ce que nous avons pu développer, l’image du fidèle doit trouver son incarnation politique dans la figure de l’oppressé, le sujet soumis à une autorité humaine arbitraire, et ce, jusqu’à temps que Mahdi ne vienne, lui, opérer une révolution au détriment de la décadence et des dominations. Alors comment expliquer ce rapprochement entre la philosophie profondément ...

Quand l’Iran donne des leçons à l’Angleterre…

Les émeutes anglaises se disputent la Une des médias avec la chute de la bourse.   Tout a commencé le samedi   6 août. Les habitants de Tottenham envahissent les rues suite à la mort d’un père de famille de 29 ans, Mark Dugann, touché en pleine poitrine par les balles des forces de l’ordre, dans le cadre d’une opération contre la criminalité régnant dans ce quartier difficile. Le secteur compte une grande communauté noire, ce qui a rapidement transformé la bavure en attaque communautaire, et donc en fièvre politico-sociale. Très vite, le plan d'austérité entrepris par le pays, visant à augmenter les impôts et à baisser les dépenses sociales, est montré du doigt. Les émeutes se multiplient et dégénèrent, tant et si bien que le message premier des manifestants perd de sa substance : David Cameron, qui depuis samedi n’a jamais faibli dans sa volonté de répondre aux manifestations par la fermeté, parle d’un glissement rapide de la revendication sociale, au vol pur et simple. ...

Présentation de la Vie Politique de Cités (46)

La Revue Cités est désormais organisée en rubriques ! Parmi elles, la rubrique Vie Politique Comment évolue depuis quelques années la démocratie en Occident ? C’est au fond à cette question essentielle que sont consacrés les textes proposés ici par la section « Vie politique ». Même si la mort de Ben Laden, en mai dernier, a pu laisser penser que l’Amérique d’Obama avait retrouvé une certaine confiance en elle, le berceau de la démocratie n’en est pas moins traversé par des courants fort complexes, dont le mouvement libertarien, très présent chez certains animateurs des Tea Party, ne cesse d’inquiéter et de surprendre. Sébastien Caré nous démonte à la fois ses racines idéologiques et son influence théorique, notamment à travers des œuvres négligées mais très marquantes dans le débat américain comme les romans d’Ayn Rand. La démocratie, c’est aussi la liberté de penser et d’opinion; or, depuis quelques années, elle semble remise en cause un peu partout au nom d’une forme de «politiqu...

La Morale est le plus grand des dangers en politique

Analyse de Setâre Enayatzadeh présentée le 11 juin 2011, à l'université de Jussieu (Paris VI), pour le colloque organisé par la Confédération Etudiante. Le thème du débat était "Ethique et Politique". Si on fait quotidiennement le triste constat de leur manque de coextensivité, c’est que quelque part, on ne saurait envisager l’existence d’une politique sans éthique. L’éthique semble faire partie intégrante de la définition même du politique, et ce pour une raison très simple, peut-être même réductrice : la politique comme l’éthique réside dans l’espace inter-humain : cela ne s’incarne en rien ni en personne, il s’agit d’un espace, exclusivement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est des dangers de la morale en politique dont nous aimerions parler. La dissociation entre morale et politique n’est pas nouvelle. Déjà Machiavel faisait de la morale non pas l’objet d’une éviction, mais plutôt une sorte de vitrine opaque permettant au politique, à proprement parle...